Il y a quelques semaines, je suis allé faire un tour au Pic du Midi, dans les Pyrénées. Tout là-haut, à 2400 mètres et des pouillèmes, se niche un observatoire astronomique. C'est dans une des salles à vocation pédagogique que j'ai vu un dispositif dont je ne soupçonnais pas l'existence et qui m'a fait entrer concrètement pour quelques minutes dans l'espace quantique. Une chambre à brouillard permet de visualiser le passage de particules nucléaires sous la forme de traînées de condensation. Ca ne sert à rien, mais c'est fascinant.
Tu peux donc voir, de tes yeux voir, aussi distinctement qu'une trace de freinage dans un slip kangourou, le passage d'un muon, d'un électron, d'un proton ou d'une particule alpha. Tu peux même les identifier selon la forme que le sillon a pris, comme tu pourrais identifier un animal dans une forêt dense après l'examen d'une coulée, ou un festivalier au Hellfest en examinant les galettes de dégueulis qu'il a semé un peu partout.
J'ai gobé cinq bonnes minutes devant cette chambre à brouillard, rapetissé à l'échelle de l'atome. On est vraiment peu de choses. Enfin, je veux dire qu'on est vraiment beaucoup trop de choses.
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